Pour un plan ambitieux de toilettes publiques à Toulouse

Le 2 février dernier un journal local nous racontait la mésaventure arrivée à Claudia dans des toilettes publiques de Toulouse. « Je suis un peu malade, je me suis rendue au Jardin des Plantes pour effectuer mon premier test PCR que je ne voulais pas faire. J’ai vu le panneau affiché sur les sanisettes sur lequel il est écrit uriner dans la rue c’est 150 euros d’amende, ici c’est gratuit. Je suis donc entrée »  

Une fois à l’intérieur, Claudia se rend compte que les toilettes sont sales et fait demi-tour. Avant même de pouvoir sortir, la porte se ferme. « J’ai voulu l’ouvrir, elle est restée bloquée », poursuit Claudia. Le nettoyage des toilettes s’enclenche. Des puissants jets d’eau aspergent la Toulousaine pendant cinq longues minutes.«C’était vraiment angoissant. Je me suis sentie prise au piège. J’ai essayé de me mettre sur les WC mais ils se sont rabattus. C’était un cauchemar ». 

Après son calvaire, trempée et en colère, elle décide d’appeler l’entreprise qui gère les toilettes publiques de la Ville rose, JCDecaux. « Je suis architecte, je connais le mobilier urbain. Ce genre de problème ne doit pas arriver. Au téléphone, un employé me signale que ce n’est pas la première fois que ça arrive dans ces toilettes. Ce n’est pas normal. Si c’était une personne âgée qui avait été prise au piège, elle aurait pu sérieusement glisser et se blesser », grogne Claudia avant d’ajouter: « Si demain je suis davantage malade, je les tiendrai pour responsable ». 

Au delà de ce témoignage, la question des toilettes publiques est éminemment politique cela pour plusieurs raisons :

Un outil de santé publique indispensable dans nos rues, nos transports, nos écoles.

Si le problème des toilettes publiques se pose de manière accrue dans les pays pauvres, Bill Gates en ayant fait d’ailleurs un enjeu majeur de sa fondation, en France c’est un véritable sujet également.

Ainsi l’accès aux toilettes dans les espaces publics et les transports est aujourd’hui encore une préoccupation majeure pour la population, en particulier les personnes âgées, les travailleurs (routiers, chauffeurs VTC, livreurs, commerçants ambulants, etc.), les sans-abris, les femmes enceintes et les familles, mais aussi des personnes touchées par certaines pathologies chroniques.  

Selon une enquête internationale « Hygiene Matters », réalisée par SCA en 2017, plus d’un tiers des Français jugeaient qu’améliorer l’entretien des toilettes publiques aurait un impact sur la santé à l’échelle nationale et 56 % disaient souhaiter que les politiques s’en préoccupent davantage. 

Pour toutes les personnes prioritaires, les sorties du quotidien et la vie sociale peuvent très vite devenir des sources de stress et d’anxiété, particulièrement si l’accès aux toilettes dans les espaces publics et les transports n’est pas assuré. La crise de la Covid-19 a accentué cette difficulté du quotidien avec une hausse de fréquentation de 17% en un an, avec des sanisettes fermées pendant le confinement (espaces publics, commerces, transports, etc.), et dont la réouverture reste encore très partielle.  

La question des toilettes à l’école, en particulier à l’école primaire est un vrai sujet de santé publique, qui mobilise depuis des années les associations de parents : saleté, vétusté ou dysfonctionnement des équipements, manque d’hygiène, manque d’intimité et de tranquillité… 66 % des enfants affirment ainsi ne pas utiliser les toilettes à l’école selon l’étude « Toilettes à l′école : les enfants au bout du rouleau » 2018 – Essity).

Très tôt le tabou s’installe, le sujet étant peu évoqué par les parents, et des stratégies d’évitement sont mises en place par les enfants. Une situation aux multiples impacts : douleurs, infections urinaires, constipation, gastro-entérite… Perturbations psychologiques (peur d’être enfermé par ses camarades dans les toilettes par exemple), problèmes de concentration et impacts sur les résultats scolaires.  

A Toulouse une politique symptomatique de l’infantilisation des habitants et soumise aux intérêts privés.

A Toulouse nous comptons 67 toilettes publiques parfois mal réparties sur le territoire avec des secteurs et quartiers qui en sont démunis comme la Cartoucherie, Les Izards, Lalande, Sept Deniers, Casselardit, Purpan. 

Il y a donc une toilette publique pour 7 158 habitants, contre une toilette pour 2 220 habitants à Lyon, grande ville la plus avancée sur le sujet. Toutes nos sanisettes sont gérées par JC Decaux contre seulement le quart des sanitaires lyonnaises. Toulouse en déléguant totalement la gestion des toilettes à une société privée fait ici une mauvaise affaire financière. Quand ce n’est pas Vinci qui profite des profits des parkings, c’est JC Decaux qui fait des bénéfices importants sur les toilettes.

Ainsi à Toulouse, la mairie dépense près de 1,5 million d’euros par an pour ses 67 toilettes, gérés intégralement par JC Decaux. Cela équivaut à un coût annuel de 22 388 euros par an pour chaque toilette contre un coût de 12 345 euros à Lyon. Un différentiel de près de 10 000 euros donc pour chaque toilette publique, rapporté aux 67 toilettes publiques, ce différentiel s’élève à pas moins de 670 000 euros.

Une gestion symptomatique de la délégation des services publiques et ici de leurs profits à certaines grandes entreprises à rebours de l’intérêt commun. Mais ce qui est aussi assez révélateur c’est ce que relève Claudia «  J’ai vu le panneau affiché sur les sanisettes sur lequel il est écrit uriner dans la rue c’est 150 euros d’amende ». Pour être tout à fait juste l’amende annoncée n’est pas de 150 mais de 450 euros. Cette menace associée aux plaques de taule installées par la mairie sur le principe de « l’arroseur arrosé » n’ont d’ailleurs quasiment aucun effet pour dissuader les gens d’uriner dans la rue par manque de toilettes publiques.

Cela est assez révélateur du rapport aux habitants d’une partie de la majorité municipale. Alors que les habitants ne bénéficient pas de suffisamment de sanisettes accessibles, la politique publique est finalement la menace et la répression. Ce panneau sur les toilettes pourrait être utilisé pour mettre une carte indiquant toutes les sanisettes publiques existantes dans la ville, ou pour faire passer des messages de santé publique. Au contraire c’est un message de menace pour celles et ceux qui ne peuvent pas avoir accès aux toilettes publiques car indisponibles pour diverses raisons.

Derrières les toilettes publiques un modèle écologique et social à développer.

En attendant que comme le suggère le sociologue Julien Damon soient mis en place des quotas au niveau national voici plusieurs propositions que nous soumettons un véritable plan d’action concernant les toilettes publiques à Toulouse afin que notre ville soit exemplaire sur ce sujet de santé publique majeur .

Cela passe notamment par l’objectif d’une toilette publique pour 2 000 habitants, soit 170 toilettes publiques gratuites supplémentaires d’ici 2026. Si une dizaine d’uritrottoirs ont récemment été acquis par la Métropole, il faut aller beaucoup plus loin.

Afin d’atteindre cet objectif nous préconisions de lancer des appels d’offre pour des toilettes écologiques autonomes ou fonctionnant au lombri-compostage et plus adaptés aux usages féminins jusqu’ici souvent laissés de côté.

Ainsi d’après les informations que nous avons recueillies si le coût d’installation de ces toilettes (environ 30 000 euros) est supérieur à ceux proposés par JC Decaux (entre 10 000 et 20 000 euros), leur coût de gestion annuelle est largement inférieur : 520 euros/ an contre 20 000 euros par an pour JC Decaux (sans compter les fluides !). Ainsi si l’on calcule le coût de revient d’une toilette publique sur 10 ans, acquisition et entretien annuel compris, cela reviendrait à 3 520 euros/ an contre… 21 500 euros pour un toilette JC Decaux. Un différentiel de 17 960 euros qui permettrait de financer un emploi au Smic par an ( 18 996 euros).

Car c’est l’un des autres leviers que nous souhaiterions voir advenir : mettre en place un personnel municipal dédié aux toilettes publiques, que cela soit pour assurer la bonne tenue de ceux-ci, expliquer le fonctionnement des toilettes écologiques si nécessaires, donner des conseils sanitaires. Une présence humaine peut avoir un rôle de sentinelle, ou même d’apaisement des conflits. C’est aussi un outil de sûreté publique et de diminution des incivilités.  Cette présence humaine pourrait aussi avoir un effet rassurant pour les femmes utilisant ces équipements, plus méfiantes à leur encontre, comme le montrent les sondages disponibles.  

Ces agents pourraient être aussi acteurs d’une campagne de sensibilisation sur les toilettes à l’école et ses enjeux sanitaires et éducatifs. Une attention particulière doit en effet être apporté aux enfants malades et porteurs d’un handicap et nous demandons que la question des toilettes soit intégrée au projet d’accueil individualisé (PAI) pour les enfants qui en bénéficient, et dans la mise en place en cours de l’école inclusive. L’aménagement en concertation avec les personnels et les parents d’élèves pour améliorer l’usage des toilettes à l’école.

De même ils seront acteurs d’un plan stratégique de localisation des toilettes publiques, notamment sur les réseaux de transports en commun à intervalle régulier. Il est aberrant de placer une sanisette sur une place publique. Du fait du tabou qui entoure les toilettes, il faut privilégier des lieux plus abrités des regards, avec un sas d’entrée. 

En attendant la mise en place de ce service public et des toilettes publiques écologiques, voici des initiatives qui pourraient être prises à la réouverture des commerces et restaurants : une initiative “cafés citoyens au quotidien” comme dans la Métropole de Nantes, avec ce label qui regroupe 18 bars acceptant de laisser les passants utiliser leurs lieux d’aisance gratuitement.  

Appelle ta rue Episode #2

Alors que moins de 5% des rues toulousaines portent des noms de femmes, nous tenons à chaque commission de Dénomination de Voies avec ma collègue Hélène Magdo pour le groupe Archipel Citoyen à faire en sorte de présenter au minimum 75% de noms de femmes durant le mandat.

Alors que partout aujourd’hui des mouvements sociaux se mobilisent en ce 8 mars, Journée Internationale des droits des femmes, et que la prochaine commission se tient ce jeudi, il nous a semblé pertinent de rendre hommage à trois femmes et un groupe de femmes faisant écho à ces combats toujours d’actualité.

Cathy Granier (1946-2020)

Très vite se révéla sa vocation pour l’enseignement. La transmission du savoir et sa passion pour les mathématiques fut pour elle une évidence. Alors en classe préparatoire à l’École Normale Supérieure, elle fut reçue au concours des IPES en 1965 à 19 ans puis au concours de l’agrégation de Mathématiques en 1969, plus jeune agrégée de France à l’époque.

Elle préféra à une carrière universitaire celle de professeure pour enseigner aux adolescents. Après plusieurs années passées à l’École Normale à former des instituteurs et institutrices, Cathy Granier exerça son métier de professeure de Mathématiques au Lycée Polyvalent du Mirail puis  au Lycée Bellevue. Elle était très appréciée de ses élèves tant pour sa pédagogie bienveillante que son dévouement notamment dans le cadre de l’atelier théâtre danse qu’elle a fondé et qui a perduré après son départ à la retraite jusqu’à nos jours. Elle a été une responsable locale et nationale connue et reconnue de l’organisation syndicale majoritaire des enseignants, le SNES FSU.

Très tôt, Cathy Ganier a pris conscience des injustices, à un moment où les mobilisations de la jeunesse au niveau international ouvraient de nouveaux questionnements et des espoirs de changements profonds. Des rencontres seront déterminantes pour elle, en particulier, celle avec Daniel Bensaid, toulousain également, et lui aussi élève au lycée Bellevue et futur philosophe engagé.

Cet engagement, politique, syndical, associatif pour la défense des opprimé.e.s et l’accès aux droits, Cathy Granier l’a maintenu tout au long de sa vie à Toulouse.

Cathy Granier a été une militante constante aux cotés des étrangers pour l’accès aux droits. Elle a ainsi participé dans les années 90 aux mobilisations de collectifs de familles sans papiers. En 1999 et 2003, elle a été également aux cotés de grévistes de la faim engagés dans des actions particulièrement difficiles et pour lesquelles la présence des soutiens s’est avérée vitale. Cathy Granier y a fait preuve d’une grande générosité et d’une disponibilité de tous les instants. Les contacts personnels et durables créés avec plusieurs grévistes en sont la preuve.

Elle s’est engagée dès sa création en 2005 dans le Réseau Education Sans Frontières (Resf), dont elle a été une porte parole locale et une militant active en tant que représentante de la FSU.

En tant qu’enseignante, elle y a trouvé un prolongement naturel à son investissement syndical et à son implication auprès des élèves. Cathy Granier a assuré un important travail quotidien de suivi et de défense des enfants et familles sans papiers, exilées, réfugiées, en lien avec la communauté éducative, la Cimade, La FCPE, la Ligue des droits de l’Homme.

Ces différentes actions se sont référées à la Convention Internationale Droits de l’Enfance (CIDE), notamment pour le droit à l’éducation et la protection des enfants migrants. Cathy Granier a participé ainsi avec la Cimade à la journée des droits de l’enfance au Capitole en 2019 ainsi qu’aux initiatives pour les 30 ans de la CIDE.

Cathy Granier a été également à l’origine de nombreux de parrainages républicains entre des enfants et familles sans papiers et des citoyens, des élus, des artistes… Elle a sollicité pour cela de nombreuses collectivités locales. Un de ses derniers investissements a été la mise en place d’un parrainage au Conseil Régional d’Occitanie en juillet 2019 pour de jeunes lycéens et lycéennes.

Outre son engagement dans la solidarité et la défense des droits humains, Cathy Granier a agi aussi avec une grande conscience des enjeux qui se nouent sur la question de l’immigration au niveau national mais aussi international. Elle était particulièrement sensible aux mobilisations et combats des femmes migrantes, dans leurs différentes dimensions, comme les violences ou discriminations dont elles étaient victimes.

Marielle Franco (1979-2018)

Marielle Francisco da Silva, dite Marielle Franco, est née le 27 juillet 1979 à Rio de Janeiro, elle est assassinée le 14 mars 2018 dans la même ville dont elle était conseillère municipale depuis janvier 2017 pour le Parti Socialisme et Liberté (PSOL).

Elle est sociologue de métier et une infatigable militante des droits humains et LGBT au Brésil. Elle s’est également engagée contre les actions violentes dans la favela à la suite de la mort d’une amie, victime d’une balle perdue lors d’une fusillade impliquant la police et les trafiquants de drogue dans le quartier de Complexo da Maré, où Marielle est née et a vécu.

En 2016, pour sa première candidature, elle est élue conseillère à la Chambre municipale de la ville de Rio de Janeiro pour la coalition Mudar é possível (« changer est possible »), formée par le PSOL et le Parti communiste brésilien.

Elle a souhaité faire de son mandat un lieu de débat sur le genre, la favela, la négritude. Elle a présenté 116 propositions et 16 projets de loi, dont un sur la garantie d’accès à l’avortement dans les cas prévus par la loi et un sur l’ouverture des crèches la nuit. Elle était présidente de la Commission de Défense de la Femme.

Elle dénonce, dans une critique publique, la violence de la police militaire de Rio de Janeiro dans les favelas.

Le 14 mars 2018, Marielle Franco et son chauffeur, Anderson Pedro Gomes, sont assassinés par arme à feu dans le centre de Rio de Janeiro .

Selon la presse brésilienne, trois hommes politiques seraient impliqués dans l’assassinat de Marielle Franco. Ces trois députés de l’État de Rio de Janeiro appartiennent au Mouvement démocratique brésilien (MDB) du président d’alors Michel Temer. Pour Richard Nunes, le secrétaire à la sécurité de l´état de Rio, Marielle Franco aurait été considérée comme une menace par les milices qui contrôlent le cadastre des terres dans les bidonvilles et son assassinat aurait été planifié dès 2017.

Selon Amnesty International, la mort de Marielle Franco a suscité des commentaires d’une rare violence, notamment de la part de la droite extrême avec des réseaux sociaux saturés d’injures à l’égard de l’élue noire et lesbienne. Durant la campagne électorale de 2018, Rodrigo Amorim, candidat et futur député de l’État de Rio du Parti social-libéral (le parti du président actuel du Brésil, Jair Bolsonaro) a brisé une plaque commémorative de Marielle Franco en présence de Wilson Witzel, candidat du Parti social-chrétien, futur vainqueur de l’élection au poste de gouverneur de l’État de Rio de Janeiro.

Agathe Uwilingiyimana (1953-1994)

Elle est la première femme Première ministre du Rwanda. Ses parents étaient fermiers. Elle grandit à Butare devint professeur de mathématiques. Elle épousa Ignace Barahira, un étudiant de son village, dont elle eut cinq enfants. Elle étudie à l’université nationale du Rwanda. À partir de 1985 elle enseigna la chimie à l’école académique de Butare.

Chef de file des Hutus de l’opposition modérée, Agathe Uwilingiyimana est nommée ministre de l’Éducation nationale en 1992 avant de devenir la première femme rwandaise Premier ministre à la fin des négociations d’Arusha.

Elle s’oppose à la corruption lors des examens scolaires de 1992. Elle impose un contrôle policier pendant les épreuves ce qui eut pour conséquence de diminuer notablement la réussite des jeunes Hutus du Nord du pays, la « région du Président ». Elle fut ensuite agressée quelques semaines plus tard, mais des milliers de Rwandaises bravèrent les menaces des interahamwe pour lui manifester publiquement leur soutien à la fin de l’été 1992.

Le Premier ministre Agathe Uwilingiyimana était perçue comme ayant une très haute idée de la citoyenneté qu’elle plaçait au-dessus des différences

Dans la nuit du 6 au 7 avril, l’état-major des FAR et celui de la gendarmerie, menés par le colonel Bagosora, s’affrontent verbalement avec le général Roméo Dallaire, commandant de la MINUMAR, et avec Jacques-Roger Booh-Booh, représentant spécial au Rwanda du secrétaire général des Nations Unies, qui rappellent l’autorité légale du Premier ministre, l’un des successeurs légaux du président de la République pour prendre le contrôle de la situation. Mais le colonel Bagosora s’oppose avec âpreté à ce que le pouvoir soit accordé à Uwilingiyimana. Le général Roméo Dallaire décide de donner une escorte de casques bleus à Agathe Uwilingiyimana pour la protéger et lui permettre de lancer un appel au calme à la radio dès le lendemain matin. Mais le 7 avril au matin, la garde présidentielle investit la radio d’État et Agathe Uwilingiyimana doit annuler son discours. Vers 8 h, le domicile du Premier ministre est cerné par la garde présidentielle. Vers 8 h 30, Agathe Uwilingiyimana tente avec son mari de se réfugier chez un voisin, employé des Nations unies, mais ils sont finalement retrouvés et tous deux assassinés.

Dix des quinze « casques bleus », ceux de nationalité belge, que le général Roméo Dallaire, responsable de la MINUAR, venait de lui envoyer pour assurer sa protection, tombèrent aux mains des assassins. Aucun secours ne leur vint et ils furent abattus dans la journée après s’être défendus sans espoir.

Cet évènement dramatique marqua le début du génocide des Tutsis du Rwanda, qui dura du 7 avril au 17 juillet 1994.

Les chemisières

Depuis plus d’un siècle Toulouse est la principale ville de l’aéronautique en France. L’histoire de l’implantation de cette industrie est liée à l’histoire « industrielle » de Toulouse au XIXe siècle.

En effet au-delà des grands hommes qui ont permis l’implantation des usines ceux sont les micros industries développée tout au long du XIXe siècle qui ont permis d’avoir la main-d’œuvre capable de fabriquer les avions.

Chapellerie, ébénisterie, chemiserie (…) autant de savoir-faire, de techniques et de compétence qui ont permis à Pierre-Georges Latécoère de réaliser son rêve de construire une usine ultra moderne à Toulouse, puisqu’il a disposé sur place des ouvriers hyper qualifiés pour construire des avions, à l’époque principalement en bois et toile.

Parmi ces artisans des femmes notamment issues de l’artisanat du chapeau et de la chemise.

C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui de rendre hommage à ces femmes qui sont elles aussi à l’origine de l’aéronautique à Toulouse.

Et si on réutilisait à des fins sociales les biens immobiliers saisis aux réseaux criminels ?

Article de Guillaume Laurens pour Actu Toulouse. 4 février 2021.

Contre le crime organisé et l’évasion fiscale, l’opposition demande à Toulouse Métropole de faire pression sur l’État pour réutiliser les biens acquis par les réseaux criminels.

Des êtres humains réduits au rang d’esclaves, forcés de mendier sous peine de sévices. Le procès inédit d’un réseau de mendicité forcée a démarré lundi 1er février 2021, salle Jean-Mermoz sur l’Île du Ramier, à Toulouse, pour une dizaine de jours. Avec pas moins de 18 suspects à la barre.

Traitées comme du bétail, les victimes étaient vendues, ou s’échangeaient pour 500 euros. Une histoire d’esclavage moderne impliquant cinq familles originaires de Bulgarie, qui régnaient sur des mendiants que l’on avait privés de papiers et qui vivaient, terrifiés, dans un camp du chemin de Gabardie, le long du périphérique, à Gramont.

Cette terrible affaire de traite d’êtres humains, blanchiment d’argent et association de malfaiteurs, rebondit jeudi 4 février 2021 au conseil métropolitain. Deux groupes d’opposition (Alternative pour une métropole citoyenne, et Métropole écologiste et citoyenne pour des territoires solidaires) proposent, par la voix de François Piquemal, un vœu « en faveur de la lutte contre le crime organisé et l’évasion fiscale ». Explications.

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25 morts dans des règlements de comptes

Si ce « procès majeur » défraie la chronique à Toulouse, « ce n’est pas la première fois que des réseaux mafieux tissent leurs toiles sur le territoire métropolitain », décrit François Piquemal, déplorant que la Ville rose « dispose d’un terrain » où prospèrent ces réseaux. Rappelant l’affaire de la mafia albanaise, démantelée en 2019 par les services de police judiciaire, ou encore celle de ce couple pris pour cible en 2018 à Colomiers en lien avec la mafia azérie, l’opposition affirme que « ce sont au total 25 personnes qui ont été tuées ces dernières années dans des règlements de comptes liées à des activités mafieuses ».

De la mendicité au paradis fiscal

« Qu’il s’agisse de traite d’être humains ou de trafics de drogue, les règlements de comptes liés au crime organisé sont un facteur important d’insécurité dans notre Métropole, car la violence de ces réseaux, ce sont les habitants de nos quartiers, et souvent de nos quartiers populaires, qui la subissent », poursuit François Piquemal. « Il faut accentuer la pression et la répression sur ces réseaux criminels qui exploitent la misère pour s’enrichir ».

L’élu toulousain s’appuie notamment sur le travail de l’association Crim’Halt pour étayer ses dires. Il estime « qu’au-delà du problème de sécurité évident (…), ces organisations sont également un fléau pour l’économie et les finances publiques », puisque l’objectif principal de ces réseaux est le blanchiment d’argent sale, qui « rejoint souvent celui de l’évasion fiscale ». Dans son viseur ? « Les biens immobiliers qui appartiennent aux membres de réseaux de crime organisé, ou reconnus coupables d’évasion fiscale ».

Les organisations criminelles sont présentes dans l’économie légale et cela à différents niveaux. Leurs activités vont du petit commerce de quartier à de grosses sociétés, ou encore des discothèques, comme cela s’est déjà vu à Toulouse.François PiquemalÉlu à Toulouse et à Toulouse Métropole

Les trafiquants s’emparent d’un immeuble à 950 000 euros à Toulouse

Rappelons par exemple qu’en 2018, le démantèlement de deux réseaux de prostitutions liés à une filière nigériane avait fait grand bruit à Toulouse. La Police aux frontières avait alors procédé à l’arrestation et l’incarcération de neuf personnes, dont les quatre principales têtes d’un vaste trafic d’êtres humains. Du Nigéria à la France, en passant par la Lybie et l’Italie, des jeunes femmes étaient jetées sur les trottoirs de la Ville rose.

Gérées selon un système matriarcal, les prostituées devaient pratiquer leurs passes dans un immeuble acquis « en centre-ville de Toulouse » par les trafiquants. Coût estimé du bien : 950 000 € ! Elles ne recouvraient leur liberté qu’après avoir remboursé leur dette comprise pour chacune entre 40 000 et 50 000 euros. Et ce sont les loyers payés par les filles qui permettaient au trafiquant de rembourser ses échéances mensuelles… À l’époque, l’immeuble avait été saisi au titre des avoirs criminels, ainsi qu’une somme de 15 000 € en liquide et une voiture.

Une loi pour réutiliser à des fins associatives les biens des mafieux

Une illustration parmi d’autres d’un fléau qui resurgit régulièrement dans la Ville rose. Estimant « qu’il s’agit là d’un problème majeur qui mérite l’attention de la Métropole », François Piquemal l’a donc porté à l’attention de la collectivité jeudi, alors même qu’un « vœu similaire a été adopté par la municipalité à Paris ».

Concrètement, l’élu plaide pour que la France s’inspire d’une loi adoptée en 1996 en Italie, pour lutter contre la mafia, et qui a instauré « un dispositif de réutilisation sociale des biens confisqués au crime organisé ».

Dans cette optique, la députée (LREM) Sarah El Hairy, entrée au gouvernement depuis, avait bien proposé fin 2019 une loi qui visait notamment à ce que les immeubles confisqués aux criminels puissent être mis à disposition, à titre gratuit, des associations d’intérêt général, des fondations d’utilité publique et des sociétés foncières agissant dans l’intérêt général. Mais 18 mois et une crise sanitaire plus tard, cette proposition de loi prend la poussière dans les placards du Sénat, où elle attend une deuxième lecture… L’opposition souhaite que la Métropole fasse pression sur l’État pour « la mise en œuvre rapide de cette loi », et « demande aux sénateurs d’accélérer » sur la question.

Des immeubles pour « répondre à l’urgence sociale » ?

François Piquemal souhaite aussi que la Métropole soit « associée » au recensement des biens immobiliers qui seront ainsi confisqués par la justice sur le territoire de ses 37 communes, et ce afin que la collectivité puisse « étudier les possibilités de transformation des biens immobiliers saisis en lieux utiles socialement« . L’idée de l’élu, qui a longtemps œuvré à la tête de l’association Droit au logement ? Répondre aux besoins des habitants et à l’urgence sociale« . Et y installer « des coopératives, des logements sociaux, des centres sociaux », ou encore « des maisons inter-générationnelles ».

« S’attaquer aux racines du problème » dit François Piquemal

« Le maire et le gouvernement font tout un tas d’annonces sur la sécurité, notamment sur le renfort de policiers. Mais il faut s’attaquer aux racines du problème », défend encore celui qui était sur la liste d’Archipel Citoyen aux Municipales 2020. « Jean-Luc Moudenc avait dit que son arrêté anti-bivouac visait à lutter contre les réseaux criminels ou mafieux, mais celui-ci n’a touché que les victimes… C’est aux têtes des réseaux criminels qu’il faut s’attaquer et sur lesquelles il faut mettre la pression »

Et si c’était le retour des concierges?

Article de La Dépêche, publié le
 

Y aura-t-il un jour une conciergerie municipale (ou née à l’initiative de la mairie) dans un quartier toulousain ? Une conciergerie c’est-à-dire un lieu où les habitants trouveraient les services dispensés par un concierge qui assurerait ainsi un lien social. Lors du dernier conseil municipal, le 29 janvier, François Piquemal, conseiller municipal Archipel citoyen, en a fait la proposition lors d’un vœu en fin de séance. Citant plusieurs exemples récents d’incidents dans des immeubles de bailleurs sociaux, l’élu a souligné “le manque d’une personne ressource pour résoudre les problèmes et les transmettre aux personnes concernées.”

“Le concierge, c’est le bon sens du quotidien qu’aucun digicode, aucun numéro vert, aucun site internet ne peut remplacer car il s’agit d’humain”, a plaidé l’ancien porte-parole du DAL qui a ainsi opposé ce qu’il a nommé “bon sens city” à la “smart city”, la ville numérique.

Le conseiller municipal d’opposition, qui reprend là une proposition de campagne de sa liste, souhaite qu’un groupe de travail soit constitué pour “réaliser une conciergerie municipale dans tous les quartiers de Toulouse”. Le maire, Jean-Luc Moudenc, n’a pas dit “non”. Il a affirmé qu’il allait demander une évaluation financière à Toulouse Métropole Habitat. Evaluation dont il attend la réponse avant le prochain conseil municipal.

J.-N. G.

Appelle ta rue 1 er épisode

Lors de la commission Dénomination de voie de la municipalité de Toulouse du 21/01/2021, avec ma collègue Hélène Magdo pour le groupe Archipel Citoyen nous avons proposé que les personnalités suivantes puissent avoir un nom de rue, de place ou d’école à Toulouse:

Anne Sylvestre, née Anne-Marie Thérèse Beugras, voit le jour le 20 juin 1934, à Lyon. Elle grandit avec ses deux frères aînés et sa petite sœur tout d’abord à Tassin-la-Demi-Lune, puis à Suresnes avant que toute la famille s’installe à Paris.

Elle commence par suivre des études de lettres avant de se lancer dans la chanson. Elle débute sa carrière, à la fin des années 50, et chante dans différents cabarets parisiens. En 1959, elle sort son premier single, Mon mari est parti, qui remporte un certain succès. Lancée, elle sort plusieurs disques, et au début des années 60, elle publie son premier 33T.

Quelques années plus tard, elle fonde sa société de production, Sylvestre. Dans les années qui suivent, elle monte régulièrement sur scène afin d’interpréter ses chansons. En 1993, elle crée un conte musical, Lala et le cirque du vent. La chanteuse alterne entre les chansons pour enfants et pour adultes. En 2007, elle fête ses cinquante ans de chansons, en sortant l’opus, Bye mélanco. Quelques années plus tard, sort son dernier album, Juste une femme, en 2013. Tout au long de sa carrière, elle sort plusieurs disques pour les enfants : Fabulettes, La Petite Josette, Joyeux Noël, Fabulettes marines.

Talentuseuse, la cahnteuse reçoit de nombreux prix au cours de sa carrière : le Grand Prix International du disque de l’Académie Charles-Cros, à qutre reprises, le prix de l’Académie de la chanson française en 1960.

Le 30 novembre 2020, elle meurt, des suites d’un AVC à l’âge de 86 ans.

Côté vie privée, elle est la mère de deux filles, Alice et Philomène. La chanteuse avait eu la douleur de perdre son petit-fils, Baptiste, lors de l’attaque terroriste du 13 novembre 2015, au Bataclan.

Wangari Maathai (20/06/1934 – 30/11/2020)

Wangari Maathai, première femme d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale à avoir obtenu un doctorat, était professeure d’université et militante écologiste et des droits humains.

En 1977, elle fonda le Mouvement de la ceinture verte, une organisation non gouvernementale qui encourageait les femmes à planter des arbres pour lutter contre la déforestation et la dégradation de l’environnement. A ce jour, on estime à plus de 50 millions le nombre d’arbres plantés grâce à ce mouvement

En 2004, elle devint la première femme africaine à recevoir le Prix Nobel de la paix.

Consciente que les enjeux environnementaux étaient directement liés à la gouvernance, à la paix et aux droits humains, Wangari Maathai s’appuya sur le Mouvement de la ceinture verte pour lutter contre les abus de pouvoir, tels que la confiscation de terres publiques, ou pour s’opposer à la détention illégale des opposants politiques.

Elle fut élue au Parlement de la République du Kenya lors du retour effectif au multipartisme en 2002 et devint ministre adjointe au Ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles de la République du Kenya.

Clarissa Jean-Philippe (01/09/1988 – 08/01/2015)

Clarissa Karen JEAN-PHILIPPE est née le 1er Septembre 1988 à Fort-de-France (Martinique). Cette jeune samaritaine a été assassinée le 8 janvier 2015 à Montrouge (Hauts-de- Seine), dans l’exercice de ses fonctions de policière municipale stagiaire, une semaine avant de recevoir son diplôme. Elle habitait à Carrières-sous-Poissy dans le quartier des Bords-de-Seine depuis 2011.

Elle a passé toute sa jeunesse dans le quartier Derrière-Morne, à Sainte-Marie (Martinique), au lieu-dit « rue Deux-Terres ». Cette jeune fille discrète et réservée a obtenu son Diplôme national du Brevet des collèges en 2003. Elle obtient ensuite son Brevet d’études professionnelles (BEP) « Secrétariat » en 2005, puis son Baccalauréat technologique « Sciences et Technologies de la Gestion (STG) » en 2007, spécialité « Communication et Gestion des Ressources Humaines (CGRH) ». Au cours de cette formation, elle fera ses premiers pas professionnels lors d’un stage d’un mois en tant qu’Assistante secrétaire standardiste à FIDERIM, Société de travail temporaire en Martinique.

Clarissa arrive en métropole en 2008, et sera d’abord hébergée chez sa tante à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

C’est en 2009 qu’elle choisit d’engager sa formation dans la sécurité et ainsi servir les autres. Très motivée, très enthousiaste et désireuse de réussir, elle suit une formation d’Agent de sûreté et de sécurité privée auprès de l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes), et obtient son habilitation électrique H0B0, ainsi que celle d’agent pour un service de sécurité incendie et d’assistance à personnes (SSIAP 1). Une formation qu’elle mettra en pratique à l’été 2009, au cours de son deuxième stage professionnel comme Agent de sûreté et de sécurité privée au sein de la société « Sécurité Caraïbes »


En 2010, elle intégrera la société EFFATA (Val d’Oise), spécialisée dans la sécurité, le gardiennage et la protection. Elle occupera les fonctions d’Agent de sécurité incendie sur plusieurs sites et particulièrement dans les hôpitaux parisiens « Louis Mourier » et « Henri Mondor ».

A cette même époque, Clarissa et son compagnon arrivent à Carrières-sous-Poissy dans le quartier des Bords-de-Seine. Un quartier que Clarissa apprécie beaucoup. Elle y fait ses footings sur les rives de la Seine, y accueille très régulièrement sa famille qui a pris ses marques dans notre ville. Clarissa aime retrouver ses amis, danser et sortir au cinéma. Une jeune femme pleine de vie.

Son rêve reste entier : devenir policière au service de la République. Elle va alors étoffer ses compétences en 2012 en réalisant plusieurs formations en « Système Sécurité Incendie (SSI) », « Appareil Respiratoire Isolant (ARI) », « Sauveteur Secouriste du Travail (SST) ». Sa volonté sera récompensée quand elle intègre la police municipale de Montrouge (Hauts-de-Seine) le 15 octobre 2013 en qualité de gardien de police municipale stagiaire. Assermentée par le Procureur de la République en février 2014, elle avait débuté sa formation initiale au Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), qui devait se solder par la remise de son diplôme le lundi 12 janvier, puis sa titularisation dans le corps des policiers municipaux. Ses collègues se souviendront longtemps de cette jeune femme « vive et dynamique ».

Elle venait de fêter ses 26 ans, et revenait tout juste de plusieurs semaines de vacances en Martinique avec sa famille pour les fêtes de Noël. « Elle était radieuse, toute heureuse, si épanouie. » se souvient sa mère Marie-Louisa JEAN-PHILIPPE, qui est revenue à Carrières-sous-Poissy début février avec le frère de Clarissa, Wilfrid LÉMONY, et plusieurs membres de la famille, pour repartir vers la Martinique, avec les derniers souvenirs laissés par Clarissa.

Jean-Pierre Bacri (24/05/1951-18/01/2021)

Jean-Pierre Bacri est né le 24 mai 1951 à Castiglione en Algérie. En 1962, la famille quitte l’Algérie pour s’installer en France, à Cannes. Issu d’un milieu modeste, son père est facteur et sa mère est au foyer. Grâce à son père, ouvreur le week-end dans un cinéma de la ville, il va découvrir le septième art. Son bac en poche, il s’inscrit en fac de lettres et se destine à l’enseignement. Pour gagner son indépendance, il fait des petits boulots, et travaille notamment dans une banque. Un jour, il décide de tout quitter et part s’installer à Paris.

Entraîné par une amie dans un cours de théâtre, et rattrapé par sa fibre artistique, il s’inscrit au Cours Simon. Il débute au théâtre dans des pièces mises en scène par Jean-Pierre Bouvier (Lorenzaccio, Don Juan, Ruy Blas). Parallèlement, il se lance dans l’écriture de pièces et commence à se faire connaître (Tout simplement, Le timbre…). En 1979, il reçoit le Prix de la Fondation de la vocation pour sa pièce Le doux visage de l’amour. Après quelques apparitions au cinéma, il décroche, en 1982, un rôle de proxénète dans le film policier d’Alexandre Arcady, Le Grand Pardon. Ce rôle le révèle au grand public, et dès lors il va enchaîner les seconds rôles; La septième cible, Subway, L’été en pente douce, Mes meilleurs copains, La Baule-les-Pins…

Parallèlement, il poursuit sa carrière sur les planches et lors des répétitions de la pièce L’Anniversaire d’Harold Pinter, en 1986, fait la rencontre de la jeune comédienne Agnès Jaoui. Cette rencontre amorce un tournant dans sa vie et sa carrière. Très complices, les deux comédiens vont rapidement travailler ensemble. En 1991, ils écrivent à quatre mains leur première pièce; Cuisine et dépendances, adaptée au cinéma dès l’année suivante devant le vif succès remporté sur les planches (Molière de l’auteur en 1992). Le duo poursuit son ascension avec l’écriture de scénarios Smoking/No Smoking (1993), Un air de famille (1996), On connaît la chanson (1997), et remportent deux Césars du meilleur scénario (Smoking/No Smoking et Un air de famille). 

La consécration arrive en 2000, le duo remporte le César du meilleur film et celui du meilleur scénario avec Le goût des autres. En 2004, le couple réalise son deuxième film, Comme une image, qui obtient le prix du scénario au Festival de Cannes. Ils réalisent par la suite deux autres films; Parlez-moi de la pluie (2008), et Au bout du conte (2013). 

En dehors de son duo avec Agnès Jaoui, l’acteur ne cesse d’allonger sa filmographie; Didier, Place Vendôme, Une femme de ménage, Les sentiments, Selon Charlie… En 2012, à l’affiche du film Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer, qui lui vaut une nomination aux César 2013 dans la catégorie meilleur acteur. Il est à nouveau nommé au César du meilleur acteur pour son rôle dans La vie très privée de Monsieur Sim en 2015. En 2017, Jean-Pierre Bacri est à l’affiche de Grand Froid et Le sens de la fête. En 2018, il scelle ses retrouvailles professionnelles avec Agnès Jaoui pour le film Place Publique.

Le 18 janvier 2021, Jean-Pierre Bacri meurt des suites d’un cancer à l’âge de 69 ans

Enfin, nous avons soutenu la proposition d’Izards Attitude de donner à la place en face de la Place Micouleau, le nom d’Ahmed Chennane. M. Chennane arrivé en 1957 à Toulouse a participé à la reconstruction de notre pays via son métier de terrassier, il avait aussi un rôle sociale important dans le quartier des Trois Cocus.

Première question au Conseil Municipal de Toulouse

M. Moudenc,

Durant la campagne vous vous êtes présenté comme le sauveur de l’aéro, contre notre liste qui aurait été anti-aéro. Une allégation malhonnête tant nous sommes nombreux à travailler directement ou indirectement en lien avec ce secteur comme de nombreux toulousains. (Clément Ader)

Nous avons appris hier la suppression de 15 000 emplois chez Airbus dont 3 500 à Toulouse1, et que des négociations importantes débutent avec les syndicats la semaine prochaine, la municipalité doit peser de tout son poids pour être au côté des salarié-e-s et trouver des solutions pour la filière y compris dans sa diversification inéluctable.

Pour cela de même qu’il serait souhaitable que chaque projet de la collectivité soit passée au crible d’une règle verte pour vérifier son impact écologique, il serait bon que la collectivité fixe une ligne rouge avec les entreprises s’assurant de leur bonne conduite concernant le traitement de leurs salariés.

On ne peut soutenir ou passer des accords financiers avec des sociétés sans contreparties sociales, notamment la préservation de l’emploi.

Or je note qu’un contrat a été passé par la ville avec la société Derichebourg (20V0105), concernant un marché public pour des prestations de désinfection pour un montant de 173 393,76 euros.

Celui-ci a été notifié le 3 juin 2020 soit trois semaines après que l’on apprenne que (dans la presse dès le 11 mai2 ) la branche aéronautique de cette société prévoyait un plan de licenciement de 600 à 700 personnes.

Ce dernier a finalement été abandonné pour la mise en place d’un Accord de Performance Collective (APC). Un dispositif introduit dans la loi par la réforme du code du travail au début du mandat de votre soutien d’Emmanuel Macron, qui est un outil de chantage à l’emploi vis à vis des salariés se traduisant ici par la réduction de leurs rémunérations d’environ 200 à 500 euros mensuels.

Alors M. Moudenc, vous qui prétendez être « le maire de l’emploi », je ne sais pas la date exacte à laquelle ce contrat a été signé, mais vous l’avez bel et bien validé en date du 3 juin. Une société dont le chiffre d’affaire était de 2,9 milliards d’euros en 2018, et dont le PDG déclarait je cite : « les gens vont devoir choisir de quoi ils veulent mourir de faim ou du virus »3.

Avez vous inclus à ce contrat inclus des clauses ou des conditions permettant de défendre la sauvegarde de l’emploi des salariés dans la société et si oui lesquelles?











1 https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/airbus-2398-postes-supprimes-sites-toulouse-1849308.html

2 https://www.lesechos.fr/pme-regions/occitanie/coronavirus-derichebourg-aeronautics-services-envisage-de-supprimer-700-emplois-1202899

3 https://www.revolutionpermanente.fr/Pour-le-patron-de-Derichebourg-Aeronautics-Services-il-faut-choisir-de-mourir-de-faim-ou-du-virus