Billet Violette: du Conseil de Classe au Conseil Municipal

A l’occasion de la campagne présidentielle, je reprends le fil des billets Violette pour revenir sur les moments forts et sur les actualités locales

La semaine écoulée a été chargée, c’est le moins que l’on puisse dire !

Le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre et la galère des jeunes

Profitant du départ en stage d’une de mes classes, j’ai pu me rendre à Paris mardi soir afin d’assister le lendemain à la présentation du rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre avec William Martinet, le co-rapporteur du Plan Zéro Sans-Abris de l’Union Populaire. Et c’est un sévère bilan pour Macron que nous avons dressé ! A commencer par sa promesse en 2017 qu’il n’y aurait « plus personne dans la rue d’ici la fin de l’année ».  Une promesse loin d’être tenue. On compte aujourd’hui deux fois plus de personnes SDF qu’il y a dix ans et chaque soir, dans notre pays, 3 800 personnes à la rue contactent le 115, numéro d’urgence sociale, sans qu’aucune proposition d’hébergement ne leur soit faite.

Qui a oublié également que dès le premier été de son mandat, Emmanuel Macron a coupé les aides personnalisées au logements (APL) de 5 euros  et les a gelées ? Certes, il a demandé aux offices HLM de compenser ces coupes avec la fameuse Réduction Loyer Solidarité (RLS) et cela a eu pour conséquence de freiner la construction de nouveaux logements, la réhabilitation de leur parc et leur service aux locataires. Ce bilan détaillé a été suivi par des témoignages poignants de jeunes, exposés particulièrement au mal-logement obligés de retourner vivre chez leurs parents. 

Le lendemain jeudi, Place du Capitole, au côté des animatrices et animateurs de la ville de Toulouse, qui se sont vus privés de 300 euros sur leur salaire suite à une erreur kafkaïenne de la Mairie, je ne pouvais que repenser à ces paroles. Ces jeunes qui assurent le bien être de nos pitchounes au quotidien dans les écoles de la ville, qui sont en première ligne face à la crise Covid ont vu leurs conditions de travail dégradées avec le passage du taux d’encadrement de 14 enfants par animateurs à 18, subissant une nouvelle injustice de la part de la Mairie dans un contexte de précarité accrue.

Voilà la double dose du Macronisme que subissent les habitantes et habitants de Toulouse. Et les mots de Jean-Luc Mélenchon lors de son meeting ce jeudi résonnent ici : « la violence de leur monde ».

Oui, nous ne pouvons que souhaiter la fin de leur monde comme le rappait IAM, a fortiori lorsque sont exposées par la Fondation Abbé Pierre toutes ces situations de violence : celles que subissent les réfugié.e.s à Calais, sous les ponts des grandes villes et celle, à Toulouse, de la menace d’expulsion qui plane au dessus de la tête des  « jeunes mineur.e.s isolé.e.s » qui vivent dans la résidence des Tourelles. Les associations dont Médecin du Monde l’ont déjà dénoncé, et avec le groupe municipal AMC nous y sommes particulièrement vigilants.


Jean-Luc Mélenchon, mention très bien pour le grand oral sur le logement

Mercredi, après les témoignages, c’est l’exercice du grand oral qui attendait les candidates et candidats à la présidentielle devant le public présent. Dans l’ordre Fabien Roussel, Christiane Taubira, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Aurélien Pradié qui représentait Valérie Pécresse. Il leur faut faire face de surcroît aux questions de Christophe Robert et Manuel Domergue respectivement Directeur Général et Directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, et d’Anne-Sophie Lapix présente pour l’occasion. 

La plupart des candidat.e.s s’en sortent de manière plus ou moins convaincante comme Fabien Roussel, Anne Hidalgo et Yannick Jadot. Beaucoup plus compliqué pour Christiane Taubira,, qui va se prendre les pieds dans le tapis sur de nombreux sujets. On ne peut pas tricher ou s’en sortir par de la simple éloquence sur des questions aussi techniques que le logement face à des interlocuteurs avertis, résultat: cette fois le Conseil de classe ne s’est pas laissé dupé et a donné la mention “flou” à Mme Taubira.

On notera l’intervention d’Aurélien Pradié face à un public non acquis qui, malgré quelques approximations, a eu le mérite d’assumer la ligne de droite de sa candidate sans louvoyer. Une proposition intéressante de sa part: donner plus de marge aux maires des communes pour réquisitionner les logements et bâtiments vacants et un constat sur la financiarisation du logement qu’il avouera partager avec notre candidat: Jean-Luc Mélenchon.

Nous avons justement accueilli Jean-Luc Mélenchon avec son équipe, et accessoirement l’équipe de Quotidien qui a collé JLM dans tous les couloirs du Palais des Congrès. Quelques échanges sur des points du programme avant l’entrée sur scène où JLM s’est montré dès les premières minutes à l’aise et sûr de son analyse, en n’y allant pas par quatre chemins pour dénoncer la marchandisation du logement et sa volonté de mener cette bataille. Finalement JLM a été le seul à rappeler que la question de l’accès au logement est aussi une lutte des classes et des places face au capitalisme financiarisé.

Il a ensuite déroulé les propositions de notre Plan Zéro Sans-Abris et du Livret Logement publiés le même jour. Deux documents, fruit d’un travail qu’il convient de saluer de la part de l’équipe logement de l’Union Populaire, chiffrés, détaillés que je ne peux que vous recommander. Après ce franc succès, les membres de l’équipe ont pu échanger avec des représentants de la Fédération des Acteurs de la Solidarité et du Droit Au Logement (DAL) qui s’ils ont émis des remarques légitimes sur nos travaux ont insisté sur le sérieux des propositions et la qualité de réflexion des livrets programmatiques.

L’occasion pour moi de revoir Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole historique du DAL et compagnon de route de l’Abbé Pierre, au côté duquel j’ai eu la chance d’apprendre énormément pendant mes dix années passées dans cette association.

Jean-Luc Moudenc assure le service après vente de « Don’t look up »

Sur cette journée réussie, j’ai rejoint la Gare d’Austerlitz pour prendre un train de nuit afin de donner mes cours à mes Première en début de matinée, avant d’enchaîner avec une conférence de presse pour le groupe Alternative municipale citoyenne (AMC ) menée avec Agathe Roby et appuyée par nos collaboratrices Arianne et Léandra.

Au menu, l’Enquête Publique de la troisième ligne de métro, dite TAE Toulouse Aéro Express, qui sera le point central des Conseils municipaux et métropolitains ces mardi 8 et ce jeudi 10 février. 

On peut dire que ce document public ressemble à tous ceux publiés depuis le début de mandat : à contre sens du point de vue climatique. Un Plan de Développement Urbain (PDU) annulé, un Plan Local d’Urbanisme (PLUIH) proche du même sort car trop consommateur d’espaces naturels, un Plan Climat (PCAET) en dessous de toutes les ambitions nationales et internationales. 

Voici désormais une enquête publique qui sous estime largement les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) de la future troisième ligne de métro, selon plusieurs contributions d’associations dont celle remarquable des Faiseurs de Ville

En effet l’enquête prend des hypothèses exagérément optimistes sur les émissions dues au transport et sur les distances parcourues pour l’évacuation des déblais. L’association Faiseurs de Ville estime notamment que ce sont près de 413 000 tonnes de CO2e qui vont être émises lors de la construction, soit un chiffre 2,5 fois plus élevé que celui du dossier soumis à l’enquête publique. Il en va de même sur les déplacements en voiture que permettrait d’éviter cette troisième ligne, là Tisseo s’emmêle les pinceaux en exposant deux chiffres différents allant du simple au double : -531 000 km/jour dans l’enquête environnementale contre – 250 000 km/jour annoncé sur le site de Tisseo.

Force est de constater qu’à ce jour la construction de la troisième ligne de métro aggrave à ce stade les émissions de Gaz à Effet de Serre sur la métropole toulousaine et contrevient à l’objectif de réduction de 44 % de celles émises par les  transports de l’agglomération à l’horizon 2030 tel qu’inscrit dans le Plan Climat (PCAET). 

Avec le groupe AMC, nous demandons donc des chiffrages corrigés et un Plan de Développement Urbain de toute urgence avec la participation des  habitants et associations, pour répondre aux objectifs du Plan Climat ainsi qu’aux objectifs nationaux et internationaux. 

Un Plan Climat lui même sous-dimensionné comme l’a montré la présentation de son bilan de mi-parcours le 20 janvier dernier : une trajectoire de –9% de réduction de gaz à effets de serre (GES) au lieu de l’objectif de –40%, cela alors même que la Commission Européenne a adopté un objectif de -55% qui va être décliné pour la France sous peu. Une trajectoire médiocre dont M. Moudenc compte faire peser sur les habitant.e.s qui sont priés d'acheter une voiture électrique dès le 1er janvier 2023 à cause de la non anticipation par la métropole du déploiement de la ZFE .

De notre côté, avec les élu.e.s du groupe AMC au Conseil municipal, nous continuerons à inciter M. Moudenc à sortir de l’impasse de son « don’t look up » pour mettre en place un Plan de mobilités en accord avec les objectifs climat et inscrire le projet de troisième ligne dans ce cadre. D’ici là, nous proposerons de ne pas lancer le projet en intégralité mais par tronçons, pour se laisser une marge de manœuvre pour développer le RER toulousain qui aura pour atout de desservir équitablement tous les territoires de la métropole. Nous nous efforcerons une nouvelle fois de réconcilier M. Moudenc et sa majorité avec les deux mots qui lui font cruellement défaut : anticipation et planification. 


Une fin de semaine avec deux meetings marquants en Occitanie

La planification écologique est justement l’un des axes de campagne que nous défendons avec l’Union Populaire et qui, n’en doutons pas, sera mise en avant lors des meetings qui s’annoncent.  A commencer par celui de vendredi prochain au Palais des sports de Toulouse avec Manuel Bompard, Mathilde Panot et Adrien Quatennens. 


Autre temps fort de la mobilisation toulousaine que nous faisons vivre depuis plusieurs mois, des milliers de portes toquées afin d’accompagner les habitants mal ou non inscrits sur les listes électorales dans leurs démarches d’ici le 4 mars.

Rappelons-le, ils représentent en France plus de 13 millions de personnes sur les 48 millions d’électeurs!  
Partout nous constatons que nous sommes en dynamique. Ainsi lors  de la dernière réunion des militant.es de notre circonscription, pas moins d’une cinquantaine de personnes étaient présentes dont énormément de nouveaux visages. Malgré les zones de turbulence, le plan de vol se déroule sans accrocs et le meeting de Montpellier de Jean-Luc Mélenchon ce 13 février devrait marquer une nouvelle étape de campagne après ceux de Nantes, Strasbourg, Bordeaux et Tours. 

Partagez