Appelle ta rue Episode #3

Demain se tient la Commission Dénomination de voie à la mairie. L’occasion de poursuivre notre travail de féminisation des noms de rue.

En ce sens nous devrions aller dans le bon sens en validant les noms de rues suivants, dont celui de Clarissa Jean-Philippe, victime des attentats terroristes de 2015 que nous avions proposé en début de mandat.

Voici les noms qui devraient être validés demain :

Angélique-Marguerite Le Boursier Du Coudray , sage-femme, 1712-1794

Amparo Poch Y Gascon, médecin, militante féministe, 1902-1968

Simone Iff, militante féministe, 1924-2014

Anne Lister, pyrénéiste, 1791-1840

Clarissa Jean-Philippe, victime du terrorisme, 1988-2015

Nous soumettrons aussi de nouveaux noms avec ma collègue Hélène Magdo  :

Jeanine Messerli-Morisse née en 1921 à Auch. Elle devient résistante le 18 juin 1940, jour de l’appel du général de Gaulle, sous le nom de ‘Niquou’. Membre du réseau Prunus, elle est dénoncée en 1943 et forcée à se cacher successivement dans plusieurs petits villages du Gers, jusqu’à son arrestation par la Gestapo. Elle est alors emprisonnée dans la prison de Furgole à Toulouse puis dans la prison de Fresnes, puis déportée dans le camp de Ravensbrück en Allemagne. Pendant de nombreuses années, Jeanine Messerli a continué de témoigner, toujours avec douceur mais conviction, aux élèves en visite au Musée départemental de la Résistance & de la Déportation.

Hassan Jandoubi (1er Mars 1966-21 septembre 2001) . Ouvrier chez AZF, Hassan Jandoubi est une des 31 victimes de l’explosion d’AZFIl a été accusé de manière injuste par certains protagonistes d’AZF dont les avocats de Total d’être responsable de l’explosion et assimilé à un terroriste islamiste. De par ses origines et sa religion pré-supposée certains ont tenté d’en faire un bouc-émissaire. Une double peine pour ses proches, sa famille et sa compagne, qui en plus de perdre l’un des leurs ont vu sa mémoire et son nom salis. Pour cette raison et ne pas oublier qu’en toute circonstance historique des personnes servent de boucs-émissaires lorsque des événements extra-ordinaires et meurtriers surviennent , nous proposons qu’une rue porte le nom d’Hassan Jandoubi.

Antoinette Duclaire, était une militante féministe, activiste politique et journaliste haïtienne née le 31 octobre 1987 et assassinée dans la nuit du 29 au 30 juin 2021 à Port-au-Prince. 

Elle a étudié l’anthropo-sociologie et débutait des étude en sciences juridiques à la Faculté de droit et de sciences économiques. Elle travaillait comme consultante dans plusieurs institutions et collaborait à la Radio Télé Pacific et animatrice de l’émission Ti Bat Bouch sur la Radio Sans Frontière/RSF. Membre de plusieurs associations telles que Matris Liberasyon, Nou Pap Dòmi, Solidarité des femmes haïtiennes journalistes (SOFEHJ), Solidarité actives à la lutte des consommateurs haïtiens (SALCONH). Elle était aussi cofondatrice et PDG d’un jeune média en ligne, La Repiblik Magazine12 et membre de la coordination du groupe RADI

Âgés de 33 ans, les journalistes Diego Charles et Antoinette Duclaire ont été abattus dans la nuit de mardi 29 à mercredi 30 juin 2021 par des individus armés, Selon un communiqué du Réseau national de défense des droits humains, elle a reçu sept balles.

Anarcha, Betsy et Lucy, esclaves noires torturées pour donner naissance à la gynécologie moderne.

On ne sait rien d’elles, à part leurs prénoms. Ces 3 femmes sont les seules dont les prénoms sont parvenus jusqu’à nous sur la douzaine d’esclaves noires qui ont été utilisées comme cobayes par un des “pères” de la gynécologie : J Marion Sims (1813-1883).

Anarcha a subi plus de 30 chirurgies extrêmement douloureuses, sans considération, sans prise en compte de sa souffrance.

Betsy et Lucy elles aussi ont été mutilées et torturées, et avec elles une dizaine d’autres esclaves noires.

Ce chirurgien est resté dans l’histoire. Il a eu des statues à son effigie. Il était riche et célèbre, son nom est associé à un outil de gynécologie.

Ses victimes, ses cobayes, elles, n’ont jamais eu droit à la moindre reconnaissance.

Au nom de toutes ces esclaves, en reconnaissance de leur torture, de leur souffrance, et du progrès qui a été fait à leur corps défendant, nous proposons qu’un hommage leur soit rendu en baptisant une rue de Toulouse de leurs noms.

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