Appelle ta rue 1 er épisode

Lors de la commission Dénomination de voie de la municipalité de Toulouse du 21/01/2021, avec ma collègue Hélène Magdo pour le groupe Archipel Citoyen nous avons proposé que les personnalités suivantes puissent avoir un nom de rue, de place ou d’école à Toulouse:

Anne Sylvestre, née Anne-Marie Thérèse Beugras, voit le jour le 20 juin 1934, à Lyon. Elle grandit avec ses deux frères aînés et sa petite sœur tout d’abord à Tassin-la-Demi-Lune, puis à Suresnes avant que toute la famille s’installe à Paris.

Elle commence par suivre des études de lettres avant de se lancer dans la chanson. Elle débute sa carrière, à la fin des années 50, et chante dans différents cabarets parisiens. En 1959, elle sort son premier single, Mon mari est parti, qui remporte un certain succès. Lancée, elle sort plusieurs disques, et au début des années 60, elle publie son premier 33T.

Quelques années plus tard, elle fonde sa société de production, Sylvestre. Dans les années qui suivent, elle monte régulièrement sur scène afin d’interpréter ses chansons. En 1993, elle crée un conte musical, Lala et le cirque du vent. La chanteuse alterne entre les chansons pour enfants et pour adultes. En 2007, elle fête ses cinquante ans de chansons, en sortant l’opus, Bye mélanco. Quelques années plus tard, sort son dernier album, Juste une femme, en 2013. Tout au long de sa carrière, elle sort plusieurs disques pour les enfants : Fabulettes, La Petite Josette, Joyeux Noël, Fabulettes marines.

Talentuseuse, la cahnteuse reçoit de nombreux prix au cours de sa carrière : le Grand Prix International du disque de l’Académie Charles-Cros, à qutre reprises, le prix de l’Académie de la chanson française en 1960.

Le 30 novembre 2020, elle meurt, des suites d’un AVC à l’âge de 86 ans.

Côté vie privée, elle est la mère de deux filles, Alice et Philomène. La chanteuse avait eu la douleur de perdre son petit-fils, Baptiste, lors de l’attaque terroriste du 13 novembre 2015, au Bataclan.

Wangari Maathai (20/06/1934 – 30/11/2020)

Wangari Maathai, première femme d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale à avoir obtenu un doctorat, était professeure d’université et militante écologiste et des droits humains.

En 1977, elle fonda le Mouvement de la ceinture verte, une organisation non gouvernementale qui encourageait les femmes à planter des arbres pour lutter contre la déforestation et la dégradation de l’environnement. A ce jour, on estime à plus de 50 millions le nombre d’arbres plantés grâce à ce mouvement

En 2004, elle devint la première femme africaine à recevoir le Prix Nobel de la paix.

Consciente que les enjeux environnementaux étaient directement liés à la gouvernance, à la paix et aux droits humains, Wangari Maathai s’appuya sur le Mouvement de la ceinture verte pour lutter contre les abus de pouvoir, tels que la confiscation de terres publiques, ou pour s’opposer à la détention illégale des opposants politiques.

Elle fut élue au Parlement de la République du Kenya lors du retour effectif au multipartisme en 2002 et devint ministre adjointe au Ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles de la République du Kenya.

Clarissa Jean-Philippe (01/09/1988 – 08/01/2015)

Clarissa Karen JEAN-PHILIPPE est née le 1er Septembre 1988 à Fort-de-France (Martinique). Cette jeune samaritaine a été assassinée le 8 janvier 2015 à Montrouge (Hauts-de- Seine), dans l’exercice de ses fonctions de policière municipale stagiaire, une semaine avant de recevoir son diplôme. Elle habitait à Carrières-sous-Poissy dans le quartier des Bords-de-Seine depuis 2011.

Elle a passé toute sa jeunesse dans le quartier Derrière-Morne, à Sainte-Marie (Martinique), au lieu-dit « rue Deux-Terres ». Cette jeune fille discrète et réservée a obtenu son Diplôme national du Brevet des collèges en 2003. Elle obtient ensuite son Brevet d’études professionnelles (BEP) « Secrétariat » en 2005, puis son Baccalauréat technologique « Sciences et Technologies de la Gestion (STG) » en 2007, spécialité « Communication et Gestion des Ressources Humaines (CGRH) ». Au cours de cette formation, elle fera ses premiers pas professionnels lors d’un stage d’un mois en tant qu’Assistante secrétaire standardiste à FIDERIM, Société de travail temporaire en Martinique.

Clarissa arrive en métropole en 2008, et sera d’abord hébergée chez sa tante à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

C’est en 2009 qu’elle choisit d’engager sa formation dans la sécurité et ainsi servir les autres. Très motivée, très enthousiaste et désireuse de réussir, elle suit une formation d’Agent de sûreté et de sécurité privée auprès de l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes), et obtient son habilitation électrique H0B0, ainsi que celle d’agent pour un service de sécurité incendie et d’assistance à personnes (SSIAP 1). Une formation qu’elle mettra en pratique à l’été 2009, au cours de son deuxième stage professionnel comme Agent de sûreté et de sécurité privée au sein de la société « Sécurité Caraïbes »


En 2010, elle intégrera la société EFFATA (Val d’Oise), spécialisée dans la sécurité, le gardiennage et la protection. Elle occupera les fonctions d’Agent de sécurité incendie sur plusieurs sites et particulièrement dans les hôpitaux parisiens « Louis Mourier » et « Henri Mondor ».

A cette même époque, Clarissa et son compagnon arrivent à Carrières-sous-Poissy dans le quartier des Bords-de-Seine. Un quartier que Clarissa apprécie beaucoup. Elle y fait ses footings sur les rives de la Seine, y accueille très régulièrement sa famille qui a pris ses marques dans notre ville. Clarissa aime retrouver ses amis, danser et sortir au cinéma. Une jeune femme pleine de vie.

Son rêve reste entier : devenir policière au service de la République. Elle va alors étoffer ses compétences en 2012 en réalisant plusieurs formations en « Système Sécurité Incendie (SSI) », « Appareil Respiratoire Isolant (ARI) », « Sauveteur Secouriste du Travail (SST) ». Sa volonté sera récompensée quand elle intègre la police municipale de Montrouge (Hauts-de-Seine) le 15 octobre 2013 en qualité de gardien de police municipale stagiaire. Assermentée par le Procureur de la République en février 2014, elle avait débuté sa formation initiale au Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT), qui devait se solder par la remise de son diplôme le lundi 12 janvier, puis sa titularisation dans le corps des policiers municipaux. Ses collègues se souviendront longtemps de cette jeune femme « vive et dynamique ».

Elle venait de fêter ses 26 ans, et revenait tout juste de plusieurs semaines de vacances en Martinique avec sa famille pour les fêtes de Noël. « Elle était radieuse, toute heureuse, si épanouie. » se souvient sa mère Marie-Louisa JEAN-PHILIPPE, qui est revenue à Carrières-sous-Poissy début février avec le frère de Clarissa, Wilfrid LÉMONY, et plusieurs membres de la famille, pour repartir vers la Martinique, avec les derniers souvenirs laissés par Clarissa.

Jean-Pierre Bacri (24/05/1951-18/01/2021)

Jean-Pierre Bacri est né le 24 mai 1951 à Castiglione en Algérie. En 1962, la famille quitte l’Algérie pour s’installer en France, à Cannes. Issu d’un milieu modeste, son père est facteur et sa mère est au foyer. Grâce à son père, ouvreur le week-end dans un cinéma de la ville, il va découvrir le septième art. Son bac en poche, il s’inscrit en fac de lettres et se destine à l’enseignement. Pour gagner son indépendance, il fait des petits boulots, et travaille notamment dans une banque. Un jour, il décide de tout quitter et part s’installer à Paris.

Entraîné par une amie dans un cours de théâtre, et rattrapé par sa fibre artistique, il s’inscrit au Cours Simon. Il débute au théâtre dans des pièces mises en scène par Jean-Pierre Bouvier (Lorenzaccio, Don Juan, Ruy Blas). Parallèlement, il se lance dans l’écriture de pièces et commence à se faire connaître (Tout simplement, Le timbre…). En 1979, il reçoit le Prix de la Fondation de la vocation pour sa pièce Le doux visage de l’amour. Après quelques apparitions au cinéma, il décroche, en 1982, un rôle de proxénète dans le film policier d’Alexandre Arcady, Le Grand Pardon. Ce rôle le révèle au grand public, et dès lors il va enchaîner les seconds rôles; La septième cible, Subway, L’été en pente douce, Mes meilleurs copains, La Baule-les-Pins…

Parallèlement, il poursuit sa carrière sur les planches et lors des répétitions de la pièce L’Anniversaire d’Harold Pinter, en 1986, fait la rencontre de la jeune comédienne Agnès Jaoui. Cette rencontre amorce un tournant dans sa vie et sa carrière. Très complices, les deux comédiens vont rapidement travailler ensemble. En 1991, ils écrivent à quatre mains leur première pièce; Cuisine et dépendances, adaptée au cinéma dès l’année suivante devant le vif succès remporté sur les planches (Molière de l’auteur en 1992). Le duo poursuit son ascension avec l’écriture de scénarios Smoking/No Smoking (1993), Un air de famille (1996), On connaît la chanson (1997), et remportent deux Césars du meilleur scénario (Smoking/No Smoking et Un air de famille). 

La consécration arrive en 2000, le duo remporte le César du meilleur film et celui du meilleur scénario avec Le goût des autres. En 2004, le couple réalise son deuxième film, Comme une image, qui obtient le prix du scénario au Festival de Cannes. Ils réalisent par la suite deux autres films; Parlez-moi de la pluie (2008), et Au bout du conte (2013). 

En dehors de son duo avec Agnès Jaoui, l’acteur ne cesse d’allonger sa filmographie; Didier, Place Vendôme, Une femme de ménage, Les sentiments, Selon Charlie… En 2012, à l’affiche du film Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer, qui lui vaut une nomination aux César 2013 dans la catégorie meilleur acteur. Il est à nouveau nommé au César du meilleur acteur pour son rôle dans La vie très privée de Monsieur Sim en 2015. En 2017, Jean-Pierre Bacri est à l’affiche de Grand Froid et Le sens de la fête. En 2018, il scelle ses retrouvailles professionnelles avec Agnès Jaoui pour le film Place Publique.

Le 18 janvier 2021, Jean-Pierre Bacri meurt des suites d’un cancer à l’âge de 69 ans

Enfin, nous avons soutenu la proposition d’Izards Attitude de donner à la place en face de la Place Micouleau, le nom d’Ahmed Chennane. M. Chennane arrivé en 1957 à Toulouse a participé à la reconstruction de notre pays via son métier de terrassier, il avait aussi un rôle sociale important dans le quartier des Trois Cocus.